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    Politique :Une analyse de Mohamed l Touré, Les hypothèses possibles avec la nouvelle constitution

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    Politique : Les hypothèses possibles avec la nouvelle constitution

    Guinéenne

    Il faut rappeler que le 22 mars 2020, le pouvoir de Conakry a opté

    pour un referendum qui s’est tenu malgré la forte opposition du Front

    National pour la Défense de la Constitution. Ce référendum a donné

    sans surprise naissance à une nouvelle constitution qui a conduit le

    pays à la quatrième république. Ainsi, le PRAC a mis à la poubelle la

    constitution qui l’a permis d’acquérir et d’exercer le pouvoir, il faut

    noter qu’il s’agit de celle de 15 mai 2010.

    Juridiquement, l’avènement de cette nouvelle constitution a des

    conséquences sur la vie politique du pays.

    Rappelons un principe en droit ‘’ la loi nouvelle douce rétroagit ‘’. Ce

    principe a tout son sens dans cette situation politique car le président

    de la république n’a pas organisé ce referendum pour rien.

    D’ailleurs lors de ce referendum, il a remplacé l’article 27 de la

    constitution du 15 mai 2020 qui dispose « Le Président de la

    République est élu au suffrage universel direct. La durée de son

    mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne

    peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non». Désormais le mandat est de 6 ans renouvelable une seule fois

    conformément à l’article 40 de la nouvelle constitution qui dispose «

    Le Président de la République est élu au suffrage universel direct

    pour un mandat de six (6) ans, renouvelable une fois». Au vu de cette

    disposition, nous savons que cette nouvelle constitution est douce pour

    le président. Si tel est le cas, le principe selon lequel la loi douce

    rétroagit s’applique, car la nouvelle constitution est douce pour le

    président de la république. Voilà la raison qui a poussé les promoteurs

    de cette nouvelle constitution à ce referendum.

    Alors s’il est vrai que la nouvelle constitution est douce pour le

    président de la république est-ce-qu’il aura légalement une élection en

    2020 ?

    Suivant la nouvel

    constitution l’a fixé à six ans. Ainsi il continue sa mandature jusqu’à

    octobre 2021 et organise une nouvelle élection présidentielle. A cet

    effet, il peut se présenter car son mandat de 2015-2021 sera celui qui

    est considéré comme son premier mandat sous l’empire de la nouvelle

    constitution. Avec cette hypothèse il a la possibilité juridique de rester

    au pouvoir jusqu’en 2028 dans l’optique d’être réélu pour un second

    mandat en 2021. La seconde hypothèse légale, est celle qui dit que le

    mandat du président commence à courir à partir de la date d’entrée en

    vigueur de la nouvelle constitution donc avril 2020. Ainsi il pourra

    rester au pouvoir jusqu’en 2032. Comment ? D’abord son nouveau

    mandat sera celui qui a commencé en avril 2020 et qui prend fin en

    2025. En suite, lors des élections présidentielles de 2025 il pourra se

    présenter pour briguer un second mandat qui débutera en 2026 pour

    prendre fin en 2032.

    En revanche, il y’a une autre hypothèse mais illégale: c’est lorsque le

    président décide d’organiser des élections présidentielle en octobre

    2020. Ça serait une violation de la nouvelle constitution dans la

    mesure où il n’aura pas fait 6 ans comme prévoit l’article 40 de la

    constitution en vigueur.

    BREF, il faut noter que dans toutes les hypothèses légales il est

    impossible d’avoir une élection présidentielle en octobre 2020 comme

    le dit cette expression ‘’DURA LEX SED LEX’’

    Mohamed Lamine Touré

    David Keïta

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