Ministère de la justice: les défis à réléver pour Maitre Cheick Sacko

Maitre Cheick Sakho continue de bénéficier de la confiance du président Alpha Condé. Pour preuve, il est confirmé à son poste de Ministre de la justice et des cardes des sceaux. La tache qui l’attend est énorme et il est bien conscient de cela car il occupe se departement depuis deux (2) an.

Les maux dont souffre la justice guinéenne sont liés à la faiblesse des budgets alloués chaque année à ce département. En effet, l’exécution de la politique nationale de la justice fournie il ya seulement un an rencontre plusieurs obstacles:

la construction et l’entretien des tribunaux. Ces derniers ne répondent plus aux normes du droit, le niveau assez faible de certains magistrats et fonctionnaires œuvrant dans ce secteur, le manque criard d’infrastructures pénitentiaires avec des conditions de vie exécrables et la surpopulation. Une réalité qui a entrainé notamment à la maison d’arrêt de Conakry des tentatives d’évasion, de même qu’à Siguiri, à Kankan et dans certaines préfectures. Des conditions de détentions inhumaines qui se sont soldée par des séries de grognes des prisonniers contre les détentions préventives prolongées.

Ce même scénario s’est produit à Kérouané. Mais à la différence, la population de cette zone aurifère sur excitée sorti de la prison quatre détenus qui ont été brulés en signe de protestation contre le clientélisme qui mine le secteur de la justice. La justice populaire devenue récurrente fait suite à un manque de confiance entre la justice et les justiciables.

Autres défaillances qui perdurent, Le manque de collaboration professionnelle entre la police judiciaire et la justice entrainant quelques fois des abus lors de certaines enquêtes.

Les procès contre militants de l’opposition interpelés sur la voie publique en 2015, il y en a eu avec des condamnations et des libérations. Ceux interpelés notamment à Koundara pendant la campagne électorale en septembre dernier croupissent encore en prison en attendant d’être situés sur leur sort. L’un des députés de l’Union des forces démocratiques de Guinée UFDG a été condamné à 18 mois de prison assorti de sursis et au payement d’une amende de 5cent mille francs guinéens. Ousmane Gaoual Diallo a été poursuivi par le tribunal de mafanco pour coups et blessures volontaires et injures publiques sur l’homme d’affaire Djouldé Diallo, PDG de tanè corporation dans une affaire de livraison de véhicules aux députés guinéens. Les 6 militaires arrêtés en 2011 dans le cadre de l’attaque contre la résidence privée du chef de l’Etat sont enfin dans le Box devant le tribunal militaire après 4ans de détention préventive.

Des dossiers épineux, mais les plus attendus notamment les crimes du 28 septembre 2009 traînent encore les pas. L’ancien chef de la junte militaire le capitaine Moussa Dadis Camara devenu président d’un parti politique a été inculpé de même que plusieurs autres officiers. Mais le hic, Ces hauts gradés de l’Etat continuent de travailler dans l’administration guinéenne comme si rien ne s’était produit le 28 septembre 2009.

En dépit de ces faiblesses, 2015 aura été l’année des grandes reformes au sein de l’appareil judiciaire. L’adoption du statut particulier de la magistrature a permis de retirer du fichier de la fonction publique les magistrats. Une action qui a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des magistrats. L’objectif de cette initiative du Garde des sceaux vise à lutter contre la corruption au sein du système judicaire. L’installation pour la première fois depuis 1958 du conseil supérieur de la magistrature. Le vide juridique étant comblé, cette institution a permis de mettre aux pas des magistrats indélicats. La rénovation du siège de la justice.

Le lancement des travaux de construction d’une maison d’arrêt moderne à yorokoguiah, dans la préfecture de dubréka. Ce complexe pénitencier qui sera bâti sur une superficie de 39milles 839 mètre carré pourrait accueillir 1474 détenus. Cette infrastructure contribuera à la rééducation et réinsertion sociale des personnes en conflit avec la loi.

La mise en place de la cour constitutionnelle aura permis la gestion du processus démocratique même si cette dernière a soufflé le chaud et le froid pour le fait d’avoir omis une partie du texte que le président a dit dans son serment. « J’ai hérité d’un pays, mais pas d’un Etat », propos du locataire de sékhoutouréyah qui devra en 2016 faire du respect des droits et libertés le crédo de son 2è mandat.

 

Charly Passy

624-35-27-88

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